Dans de grandes odes imitées de Pindare, avec des divisions compliquées et des rythmes différents (strophes, antistrophes, épodes), Ronsard a accumulé, dans « Les Odes » (1550), en longues strophes tumultueuses, mais sonores, des images mythologiques, des pensées morales et des expressions brillantes.
« La Franciade » (1572) a pour sujet l’établissement des Troyens en Gaule sous la conduite de Francus, fils d’Hector. C’était une légende purement gratuite, romanesque, où Ronsard fit entrer sans nécessité les thèmes traditionnels de l’épopée et les narrations de l’Énéide : duel de héros, tempête, suicide d’une reine, énumération des rois de France.
Les oeuvres élégiaques de Ronsard (« Les Amours à Cassandre », « Les sonnets à Marie » « Les sonnets à Hélène ») sont d’une inspiration plus modeste et d’un goût plus touchant. Ses poèmes politiques sont d’une grande rigueur.
L’œuvre de Ronsard, dans son ensemble, représente un effort rigoureux de lyrisme joint à l’érudition. Ses productions embrassent tous les genres, sauf le théâtre, et représentent une masse considérable. La gloire restera à Ronsard d’avoir transformé et ennobli la langue et fondé la poésie classique.