Intrigant plein de talent, Pierre-Augustin de BEAUMARCHAIS (1732-1799), qui mena une vie d’aventurier et de spéculateur, eut des démêlés retentissants avec la justice. dans des Mémoires, il vilipenda un de ses juges, le conseiller Goëzman. Au théâtre, il reste de lui deux pièces excellentes :
- une fantaisie espagnole, très gaie : le Barbier de Séville (1772), chef d’oeuvre de la comédie d’intrigue où, sous des déguisements variés, un seigneur amoureux, aidé de son valet, s’introduit près de la jeune Rosine et la délivre de la tutelle barbare du vieux Bartholo,
- une staire morale et politique très hardie : le Mariage de Figaro (joué en 1784). Cette pièce, brillante et sensuelle, d’une animation étourdissante, est un vrai jeu de cache-cache où, par les seules ressources de son ingéniosité, Figaro défend l’honneur de sa fiancée Suzon contre l’inconduite du Comte Almaviva, son maître. Mais c’est aussi un pamphlet étincelant contre l’incapacité et l’immoralité des grands, les privilèges de la naissance, les subtilités de la magistrature et les vexations du régime (lettres de cachet, censure, etc).
Les mêmes personnages reparaissent dans les deux comédies : le Comte Almaviva, grand seigneur galant et désoeuvré, Figaro, valet astucieux, débrouillard et insollent, qui finit par se poser dans un monologue emphatique comme une incarcération du Tiers- Etat en face de la noblesse. Contre ses adversaires trop avantagés, il n’a qu’une arme : l’esprit ; il s’en sert et les discrédite.

- Essai de couleur
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- Figaro
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