A la fin du XVIIe siècle, le maître des postes à Colmar était André SANDHERR. Quelques années plus tard la poste aux chevaux et la poste aux lettres furent séparées. Il est
difficile de savoir à partir de quelle date la poste aux lettres, aux mains de la famille CHAUFFOUR au cours du XVIIIe siècle, a existé à Colmar.

Fig. 1 Timbre d’origine "DE COLMAR" sur pli
du 10 janvier 1699. Taxe de 3 sols correspondant
au port d’une lettre simple pour une distance
comprise entre 25 et 60 lieues.
Cachet de fabrication locale en bois.
La première marque postale connue « DE COLMAR » (fig. 1) date de 1898. Il s’agit de la plus ancienne marque au tampon connue en Alsace, une des premières en France. Ce tampon
n’a été utilisé que pendant quelques mois.
Le montant de la taxe à payer, exprimée en « sous » ou en « sols » était indiquée de façon manuscrite sur la lettre. Le port était calculé en fonction du poids et de la distance à
parcourir.

Fig. 2 Marque d’origine manuscrite "de Colmar"
sur pli du 20 octobre 1701 adressé à Landau.
Taxe de 4 sols (lettre simple à 60/80 lieues).
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Dès la fin de l’année 1699 et jusqu’en avril 1714, les lettres originaires de Colmar portent des marques de départ manuscrites : « de Colmar » (fig. 2). |

Fig. 3 Timbre d’origine "COLM." sur pli du
6 février 1753. Le tampon semble usé.
A partir de mai 1715 sera utilisé un tampon avec l’abréviation « COLM. ». Lorsque la lettre était expédiée en port dû (c’est-à-dire port payé par destinataire) le tampon était apposé au recto (fig. 3) ; lorsque le pli était envoyé en port payé (obligatoire pour les lettres adressées à l’étranger) cette marque postale se trouve au verso (fig. 4). Ce tampon est également connu frappé à sec (sans encrage).

Fig. 4 Lettre avec enveloppe du 17 juillet 1752
adressée à Zell en Autriche. Timbre "COLM." au
verso en guise de port payé et taxe manuscrite
de 7 sols, affranchissement français jusqu’à
Rheinhausen
De 1767 à 1792 sera utilisé un troisième tampon, « COLMAR » (fig. 5), également connu sur des lettres en port dû ou en port payé.

Fig. 5 Lettre avec marque d’origine "COLMAR" du
16 mai 1777. Taxe de 7 sols correspondant au tarif
de la lettre simple pour NANCY selon le Tarif
de Lorraine du 11 octobre 1730. Cette taxe est
perçue en monnaie locale, un sol de moindre valeur
(-22% environ) que celui du reste de la France.
Lorsqu’une lettre ne pouvait pas être remise à son destinataire (destinataire introuvable, erreur dans l’adresse, …), le directeur du bureau de poste devait créditer les taxes qu’il n’avait pas été en mesure d’encaisser auprès du destinataire. Ces lettres sont dites
« renvoyées en déboursé ». La mention manuscrite « deb. de Colmar » était apposée au verso de cette catégorie de lettres (fig. 6).

Fig. 6 Pli de CARENTAN du 28 août 1774 adressé à
"Monsieur le Curé de Felkerich prôche Rouffach la
âlsace par Colmar" dirigé par erreur à Colmar.
Au verso, marque manuscrite de déboursé du 4 sept.
Afin de réaliser des économies sur les taxes postales, il était fréquent à l’époque d’adresser à une seule personne (appelée « achemineur ») un ensemble de lettres enveloppé et ficelé à charge pour elle de les répartir, moyennant rémunération, entre les véritables destinataires, (fig. 7). Ce système, sans existence légale, était principalement utilisé pour les lettres originaires de l’étranger. Celles-ci se reconnaissent par une mention manuscrite
au verso : « pr adresse de … ».

Fig. 7 "pr adresse de votre très humble serviteur
ob. Sr Simon Chevalier, Colmar, le 27. 9bre 1785"
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