Le 23 juin, une semaine après l’occupation, est ouvert un bureau centralisateur du courrier (« Postsammelstelle ») traitant les correspondances officielles et militaires. Géré par la poste militaire allemande, il était installé dans les bâtiments de la préfecture. Ce service a fonctionné pendant 10 jours, jusqu’à l’ouverture du bureau de la « Dienstpost ». Toutes les correspondances originaires ou adressées à Colmar entre le 23 juin et le 3 juillet 1940 portent le numéro de poste de campagne 23 439 attribué au bureau centralisateur (fig 1).

- Fig. 1 - Carte portant le numéro de poste de campagne 23 439
Le 3 juillet 1940 ouvre un bureau de « deutsche Dienstpost » (poste de service), réservée au courrier des administrations, du parti et des employés allemands de ces services. Les lettres sont barrées d’une croix bleue et portent un cachet rouge de la Dienstpost (fig 2).

- Fig. 2 - 1ère date connue pour le cachet "KOLMAR (ELS)"

- Fig. 3 - Dernier jour de validité
des timbres français
- Oblitération allemande
Le 25 juillet 1940, les bureaux de poste sont réouverts aux particuliers. Les timbres poste français restent valables jusqu’au 15 août 1940 (fig. 3). Les timbres à date de l’administration française serviront encore jusqu’à la même date (fig 4).
Suite à l’invasion allemande de l’Alsace, des milliers de soldats français sont capturés et regroupés dans des camps de prisonniers.

- Figure 4
Dans un premier temps il sont rassemblés dans des lieux aussi divers que des terrains de sport, usines, … ou tout simplement dans des prairies. C’est la raison pour laquelle les prisonniers ne pouvaient pas indiquer d’adresse précise (fig 5). Les correspondances sont autorisées dès les premiers jours de captivité.

- Figure 5
La Croix-Rouge de Colmar est intervenue dans les camps et a distribué aux prisonniers des avis de capture destinés à informer les familles (fig. 6).

- Fig. 6 - Carte de la Croix-Rouge de Colmar
Petit à petit, les camps se sont structurés et les prisonniers ont été regroupés dans les casernes colmariennes ainsi que dans plusieurs usines de textile.

- Fig. 7 - Correspondance provenant de la caserne Rapp.
Des correspondances sont connues des camps situés dans la caserne d’infanterie Rapp (fig. 7), la caserne des chasseurs à pied, la caserne d’artillerie, les usines de textile Kiener et Haussmann (fig. 8). D’autres restent sans doute à découvrir pour les camps installés dans l’ancien hôpital, dans les usines Lauth et Scheurer ou dans les halles du marché couvert.

- Fig. 8 - Correspondance émanant de l’usine textile Hassmann
- C’est la lettre à l’intérieur qui nous renseigne sur l’origine.
Ces camps se vidèrent assez rapidement de leurs prisonniers, libérés ou transférés dans les Stalag et Oflag en Allemagne.