Le 4 septembre 1870, Napoléon III est déchu et la 3e République est proclamée. Le 19 septembre commence le siège de Paris, le 28 septembre Strasbourg capitule.

Fig.1 Lettre de Colmar du 25 septembre 1870 avec
mention manuscrite "Armée du Rhin".
L’affranchissement a été payé en numéraire (PP)
Les troupes allemandes entrent à COLMAR dès le 14 septembre, mais l’occupation ne commencera que quelques semaines plus tard. Une lettre du 25 septembre 1870 (fig. 1) nous montre que les troupes françaises de l’Armée du Rhin sont encore dans la ville à cette date.

Fig. 2 Lettre par ballon monté du 11 octobre 1870
Au verso, cachet d’arrivée du 18.10.70 de Colmar.
Du 23 septembre 1870 au 28 janvier 1871, pendant le siège de Paris, 67 aérostats quittèrent la capitale ; 55 d’entre-eux transportèrent officiellement du courrier remis par l’administration des Postes. Quelques lettres pour COLMAR en firent partie (fig. 2).
Les autorités allemandes prirent possession du bureau de poste de COLMAR le 19 octobre 1870. Ils réorganisèrent rapidement le service postal et remplacèrent les timbres poste français par des timbres d’occupation mais continuèrent à oblitérer le courrier avec les timbres à date français (fig. 3).

Fig. 3 Lettre du 21 octobre 1870 avec timbre d’occupation
oblitéré à l’aide du timbre à date type 17 (1e date relevée)
| Vers le 20 novembre 1870 fut mis en service le premier timbre à date allemand, de modèle prussien (fig. 4). Au cours du mois d’août 1871, un second timbre à date, en forme de fer à cheval, fit son apparition (fig. 5).
Fig. 4 Timbre à date allemand La première date connue d’utilisation de ce type de timbre à date est le 23 novembre 1870.
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Fig. 5 Cachet en forme de fer à cheval
1e date connue : le 12 août 1870.
En juillet 1870 est autorisé un nouveau support de correspondance : la carte postale. Celle-ci a été employée en franchise pour les correspondances militaires : la « Feldpost-Correspondenzkarte » (fig. 6).

- Fig. 6 Feldpost-Correspondenzkarte

- Fig. 7 Etiquette de recommandation dite "à lacets"
- Numéro de recommandation rectifié à la main.
A partir d’octobre 1870 furent testées pour la première fois dans l’histoire de la poste, des étiquettes de recommandation. Ces essais eurent lieu en Alsace-Lorraine. Les premières étiquettes utilisées à COLMAR sont non dentelées, dites « à lacets » (fig. 7).
Une particularité de cette période est le « double port » pour les lettres adressées en France : les correspondances supportent à la fois un affranchissement en timbres ou taxe française et un affranchissement allemand (fig. 8).


- Fig. 9 Lettre de Gunsbach pour Mulhouse
- acheminée par la poste ferroviaire sur la ligne
MUNSTER-COLMAR. Mention d’origine
manuscrite "Gunsbach im Elsass 3/6" (1871).
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Le trafic ferroviaire est également rapidement rétabli, ce qui permet à la poste ferroviaire de continuer à fonctionner. Celle-ci dessert de nouvelles lignes et notamment la ligne COLMAR - MUNSTER. Les timbres sont oblitérés de façon manuscrite. A côté du timbre figure le nom de station à laquelle a été déposée la lettre (fig. 9).
Le 31 décembre 1871 est le dernier jour de validité des timbres d’occupation, ce qui marque la fin de la période de transition et l’intégration dans l’empire allemand.