
- Fig. 1 Geprüft und zu befördern
- (contrôlé et à acheminer)
Dès le 31 juillet 1914, les correspondances sont contrôlées comme l’atteste le cachet rectangulaire « Geprüft und zu befördern » (contrôlé et à acheminer) apposée par le centre de contrôle de Colmar (fig. 1).
Plus d’une trentaine de cachets de censure différents seront utilisés pendant les 4 années de guerre : des tampons réalisés au composteur au cours des premières semaines (fig. 2), puis des cachets encadrés de différentes tailles et couleurs (violet, bleu, rouge, noir). Parfois ces cachets oblitèrent les timbres ayant échappé à la vigilance des postiers (fig. 3).

- Figure 2
|

- Figure 3
|
En principe, les correspondances devaient être contrôlées au départ et à l’arrivée (fig. 4), mais cette mesure était rarement appliquée dans la réalité. Le contrôle lui-même consistait généralement en la simple apposition d’une marque de censure, sans lecture effectivement des correspondances. Certaines personnes étaient particulièrement surveillées.

- Fig. 4 Lettre recommandée à double censure
- le 22.12.1915 au départ à Colmar
le 23.12.1915 à l’arrivée à Mulhouse

- Fig. 5 Carte postale retournée pour texte non conforme

- Figure 6

- Fig. 7 Le texte a été caviardé
- pour masquer des informations sensibles
|
Lorsque les correspondances comportaient des informations non autorisées, le courrier pouvait être retourné à l’expéditeur (fig. 5). Parfois, un petit papillon était glissé dans l’enveloppe pour justifier le retour (fig. 6). Dans d’autres cas, le courrier était distribué, après que les censeurs aient effacé, gratté ou recouvert d’encre les passages incriminés afin de rendre le texte illisible (fig. 7).

- Fig. 7a Recto de la figure 7
|
Les lettres contrôlées étaient refermées par les censeurs avec une bande de fermeture. Il s’agissait de bandes vierges ou avec la mention « Kaiserlich Deutsches Postamt » (fig. 8) au cours des premiers mois, puis de bandes imprimées spécifiques au centre de contrôle de Colmar (fig. 9). Près d’une dizaine de variantes ont été découvertes. Sur la bande de fermeture ou à côté figure la signature, généralement au tampon, de l’officier de contrôle.

- Figure 8

- Fig. 9 Bande de fermeture locale
Certaines correspondances portent des traces de censure chimique destinées à détecter d’éventuelles inscriptions à l’encre sympathique (fig. 10). Parfois, ce sont les timbres poste qui ont été arrachés afin de s’assurer de l’absence d’inscriptions sous la vignette.

- Fig. 10 Recherche de texte écrit à l’encre sympathique

- Figure 11
Par décision du 20 mars 1917, le courrier originaire d’Alsace subit un contrôle renforcé. Les correspondances adressées aux soldats alsaciens ou expédiées par eux furent soumises à un contrôle particulier matérialisé par un petit cachet rectangulaire rouge avec l’indication « Pr. C. » (Prüfungstelle Colmar) dont il existe plusieurs variantes (fig. 11).
Les télégrammes subissent également la censure comme le montrent les tampons « ctr. P.A.C. » (controliert Post-Amt Colmar) dont on distingue différents modèles (fig. 12).

- Fig. 12 Censure d’un télégramme
- au moyen de la griffe "ctr. P.A.C."