Les moyens des services postaux locaux étant insuffisants, le Commandement militaire fit appel à la Poste aux armées.
Les sous-sols de la Recette principale de Tananarive accueillirent le nouveau bureau postal militaire n° 5. A l’étroit, sans lumière du jour et aéré seulement par de minuscules soupiraux, les conditions de travail étaient pénibles. Les correspondances de la métropole arrivaient - tout au moins au début - une fois par semaine et repartaient de même.
A l’été 1948 furent mis en place deux annexes : l’une à Tananarive sur la Côte Est, l’autre à Fianarantsoa dans le Sud. Cette extension, souhaitée par le Commandement militaire, devait assurer une desserte convenable des éléments implantés en de nombreux points du territoire et plus particulièrement dans des zones difficiles d’accès.
Le Chef de service du bureau postal militaire se trouvait aux prises avec des problèmes d’acheminement difficiles à résoudre. en accord avec les autorités civiles et militaires, tous les moyens étaient utilisés (voie routière par voitures, camions ou autocars, voie ferrée, voie maritime, voie aérienne). Cette dernière convenait particulièrement pour la desserte des postes isolés et éloignés ne disposant pas que d’une liaison routière mensuelle.

- Timbre à date POSTE AUX ARMEES T.O.E. et cachet "Le Gestionnaire / Magasin central d’habillement / Tananarive"
Un système de largage (déjà utilisé en Indochine) fut mis en place. De vieux "Junker" de l’Armée allemande convenaient parfaitement. Le décollage était généralement fixé à 6 heures du matin, le lendemain de l’arrivée du courrier de France. Il s’effectuait à partir du terrain militaire d’Ivato, à 15 km de Tananarive. Chaque avion emportait, en plus des sacs de courrier, des vivres frais et quelques passagers. Un sous-officier de la Poste aux armées accompagnait et aidait dans la majorité des cas les convoyeurs de l’Armée de l’air.
Après une première escale à Tamatave, c’était le survol de la grande forêt et le largage sur les postes : l’avion passait une première fois en rase-motte, puis revenait pour larguer le sac postal. Cette opération s’effectuait porte de la carlingue ouverte, le sous-officier postier, accroché aux bordures de la porte, poussait avec le pied, au signal du poste de pilotage, le sac dans le vide.

- arrivée du courrier à l’aérodrome d’Arivonimamo (Madagascar)
L’avion repartait ensuite pou un nouveau poste ou une escale au bord de la côte : Vatomandry, Mananjary, Manakana puis l’aéroport t l’escale de Fianarantsoa. C’était ensuite le cap plein Nord pour arriver après un périple de quelque 1.200 ou 1.400 km à Ivato vers 17 heures.
Le courrier largué était protégé par trois ou quatre sacs inclus dans un sa en toile caoutchouté assurant une réception au sol en bon état.
La pacification se termina à l’automne de 1949. Les bureaux de Tananarive et Fianarantsoa fermèrent leurs portes au cours de cette période. Quant au bureau postal militaire principal de Tananarive, il fut dissous en janvier 1950.
(Sources : "La Poste aux armées" de Maurice FERRIER, Editions SUN, 1975)