La France participa à cette opération sous le nom de mission ARTIMON. Elle se divisait en 3 zones : détroit d’Ormuz (ARTIMON Est), golfe d’Aqaba (ARTIMON Ouest) et détroit de Bab-el-Mandeb (ARTIMON Sud).

La procédure de visite d’un bâtiment était quasiment immuable. Le navire était stoppé et une équipe de commandos de marine l’investissait. Les documents présentés par le capitaine étaient visés (liste d’équipage, journal de bord et manifestes douaniers). Ensuite venait l’inspection du bâtiment, pour laquelle il fallait souvent ramper dans des soutes mal éclairées ou se faufiler entre des murs de containers. L’équipe de visite passait en moyenne 2 heures à bord d’un « client ».
Le 7 mai 1994, la France a décidé de suspendre sa participation à la surveillance de l’embargo maritime contre l’Irak après 1.210 jours d’application de l’embargo, dont le bilan s’élève à 1.434 visites de navires de commerce et 43 déroutements de bâtiments.
Plus d’une quinzaine de bâtiments français (frégates, frégates ASM, escorteurs d’escadre, avisos escorteurs et pétroliers ravitailleurs) se sont relayés afin d’accomplir cette mission.

Le courrier des marins en mission ARTIMON était posté soit au bureau postal militaire 610 de Djibouti lors d’escales, soit au bureau central naval de Paris, bureau chargé de l’acheminement du courrier en provenance et à destination des bâtiments de la Marine nationale en mission.
Ce bureau central déterminait le site d’envoi le plus judicieux en fonction de la position des navires et le meilleur moyen d’y faire parvenir le courrier (vols civils ou militaires, valise diplomatique, etc.), sachant que le laps de temps durant lequel le bâtiment croisait près des côtes était généralement court.
A partir du 24 janvier 1991, les marins en opération dans le Golfe persique avaient également droit à la franchise militaire, à charge pour le Ministère de la Marine de rembourser à la Poste les frais de port. Le courrier de la Marine nationale en provenance du Golfe parvenait au centre de tri militaire de Paris puis était transmis au bureau naval de Paris.
Le courrier en franchise était affranchi à l’aide de la machine à affranchir HAVAS n° T 88804, machine en service au Service du Commissariat de la Marine à Paris et rattachée au bureau postal naval de Paris. Il suffisait ensuite au Ministère de la Marine de relever le compteur de cette machine à affranchir et d’effectuer le remboursement à la Poste.

Cette franchise militaire a été supprimée le 31 août 1991.