Le 18 mars 1994, un accord est signé à Washington entre les Croates et les Musulmans : la ville devait être placée sous la tutelle d’un organisme international. L’Union européenne se porta candidate.
La mission de l’Union européenne était délicate. Les troupes de l’Organisation des Nations Unies assuraient la démilitarisation. Cependant, c’était aux instances européennes de réunifier la ville. Pour y arriver, les Européens ont injecté 4 milliards de francs dans ce projet qui devait durer 2 ans. Le 23 juillet 1994, l’Administration de l’Union européenne pour Mostar ou European Union Administration of Mostar (EUAM).
Comme la rivière Neretva divise la localité en 2 zones distinctes, l’Administration européenne décida de reconstruire 2 cités distinctes : Mostar Est, la musulmane, et Mostar Ouest, la Croate. Avant d’arriver à une réunifications des 2 communautés, le travail débutait sur différents fronts : administration, finances, éducation, culture, ...
Le retour d’une paix durable passait par la reprise économique, la lutte contre le chômage, la reconstruction des habitations détruites ou la réparation de l’infrastructure publique.
Bras armé de l’Europe, l’Union de l’Europe occidentale (UEO) ou Western European Union (WEU) mit en place une force de police de 200 hommes, en provenance d’Allemagne, Autriche, Espagne, France (20 gendarmes), Grande-Bretagne, Grèce, Italie et Pays Bas.

Le 30 juin 1996, des élections patronnées par l’Union européenne engendrait la mise sur pied d’un conseil municipal et la nomination d’un maire. La ville avait bien changé depuis le début de l’effort européen. Des ponts ont été construits sur la Neretva, la reconstruction était en bonne voie et la ville était patrouillée par des équipes de policiers des 2 bords, encadrés d’agents de l’UEO.
Cependant le Conseil nouvellement nommé était le théâtre de nombreuses frictions. Malgré la difficile coopération entre les autorités de la ville, les communautés continuaient leur patient rapprochement.

Le courrier de l’Administration européenne de Mostar et celui des policiers de l’UEO était acheminé via les bureaux postaux militaires des différents contingents.